Le Plaisir de la formation professionnelle en radio associative

La formation des professionnels et des bénévoles des radios associatives est parfois la plus complexe mais souvent la plus forte et la plus dense qui soit.
Complexe en raison de la multiplicité des profils rencontrés et des divergences d’intérêts. Faire entendre à un vieux militant anar qui veut diffuser ses 33 tours de Paco Ibanez qu’il oeuvre dans le même flux que le « gamin » de 22 ans qui sort d’une formation plus axée vers la radio commerciale et qui rêve de remplacer Cauet, s’apparente plus au grand écart qu’au cours magistral…
Forte parce que ces deux profils sont aussi passionnants l’un que l’autre (comme tous ceux qui s’installent entre ces deux extrêmes !) et aussi demandeurs. Imaginer une radio, associative comme commerciale, comme un flux global où chacun n’est pas détenteur d’une « concession » voire d’un comptoir façon Pondichéry, n’est pas toujours chose aisée. Expliquer que, à part la secte des Joyeux Boulistes du 11ème arrondissement, personne ne va allumer la radio pour écouter l’émission consacrée… aux Joyeux Boulistes du 11ème arrondissement, même pas l’équipe des Pétanqueurs du 12ème ! La radio s’allume quand on met le contact dans la voiture, on la branche en entrant dans la salle de bain, etc…
Le media doit donc s’adapter à ses auditeurs (réels, supposés, potentiels), non l’inverse. C’est le premier message à faire passer. Vient ensuite l’idée qu’il va falloir savoir passer de l’émission de flux de notre futur Cauet sus-nommé au débat entre notre vieil anar et ses invités (car il a bien du mal à ne rester au-dessus de la mêlée et oublie que le seul avis qui ne nous intéresse pas est celui de l’animateur !) sans que l’auditeur ait l’impression d’avoir zappé sans le vouloir.
C’est un peu à ce genre d’exercice que je me suis livré en ce mois de septembre avec l’équipe disparate mais si sympa et pleine d’allant d’une grosse radio associative du Sud de la France. Et quel plaisir, outre celui de la confiance renouvelé de sa direction, que de poser toutes ces idées et de les développer jusqu’à la mise en pratique au micro avec une équipe aussi motivée !